Publifarum n° 21 - Le Québec recto/verso

Le voyage identitaire dans le roman québécois : « Chercher le vent » (2001) de Guillaume Vigneault

Jara ROSSENBACH



Abstract

Francese  | Inglese 

L’article donne un bref aperçu de la thèse en progrès qui porte sur le voyage identitaire dans le roman québécois contemporain. L’arrière-plan théorique s’appuie sur les études culturelles, et plus spécifiquement, sur la recherche scientifique sur la question de l’identité. Ainsi, il s’agit d’établir les facteurs déterminants dans l’évolution de l’identité des protagonistes en voyage. L’article se termine par une brève analyse exemplaire du roman «Chercher le vent» (2001) de Guillaume Vigneault qui illustre l’approche théorique et méthodique de façon sommaire.


Le lien entre le motif du voyage et la quête d’identité est riche en traditions dans la littérature québécoise. Le présent article a pour but de donner un bref aperçu de la thèse en progrès portant sur l’importance du voyage identitaire dans le paysage littéraire québécois. Le projet de recherche et la définition opérationnelle du concept d’identité y seront précisés. Ces explications permettront le développement d’une grille d’analyse qui sera appliquée de façon exemplaire au roman Chercher le vent de Guillaume Vigneault.

L’objectif de la thèse est d’enquêter sur le voyage comme effet positif sur la construction de l’identité des protagonistes. Le corpus comprend des romans des années 1980 à 2000. Ni les voyages fictifs ni les récits de voyage ne seront consultés. Les destinations, tout comme le déroulement des voyages, divergent dans les textes sélectionnés. La recherche se fonde sur une définition large du concept de voyage afin d’intégrer diverses façons de voyager. Toutefois, si les voyages se distinguent dans les romans, ils ont tous une composante en commun : le voyage physique s’accompagne d’un voyage intérieur des protagonistes. En effet, le voyage peut générer un processus de découverte de soi – ce qui n’est pas nouveau dans la littérature – et même un processus de développement d’une identité propre.

L’approche des études culturelles quant à la recherche d’identité actuelle constitue l’arrière-plan théorique. À la fois anthropologique, phénoménologique et psychologique, cette approche constitue le fondement même du développement des aspects de l’analyse. Il est important de souligner que le concept d’identité comme « Motor lebenslanger Entwicklung » (Keupp et al. 2008 : p. 190)1 est à la base de celle-ci. Comme le souligne Heiner Keupp :

Identität verstehen wir als einen fortschreitenden Prozeß eigener Lebensgestaltung, der sich zudem in jeder alltäglichen Handlung (neu) konstruiert. Identität wird also nicht vom Subjekt ‹ab und zu› gebildet, beispielsweise wenn es sich fragt: ‹Wer bin ich eigentlich?› oder von anderen in einen analogen Dialog verwickelt und gefragt wird: ‹Wer bist du?› Subjekte arbeiten (indem sie handeln) permanent an ihrer Identität. Und Identität ist stets eine Passungsarbeit. In ihrer Selbstkonstruktion nehmen die Subjekte Bezug auf soziale, lebensweltlich spezifizierte Anforderungen und auf eigene, individuelle Selbstverwirklichungsentwürfe. (ibid. : pp. 215-216)2

Ainsi, l’identité peut être considérée comme un projet qui mène l’être humain à lui-même (v. ibid. : p. 65). En outre, l’étude tient compte des recherches de Jörg Zirfas et Benjamin Jörissen en intégrant leur compréhension du concept d’identité, marquée par une double considération anthropologique et phénoménologique : « Kurz: Identität wird immer dann wichtig, wenn Differenz aufscheint. Differenz kann hier Verschiedenes meinen […]. […] [A]ls deren kompensatorischen Kern […] lassen sich Grenzerfahrungsprozesse ausmachen, deren Ziel in der (Neu-)Bestimmung von Identität besteht. » (Zirfas ; Jörissen 2007 : p. 11)3 Comme il s’agit généralement de crise identitaire, les recherches psychologiques de Verena Kast se révèlent utiles au moment de développer les aspects de la recherche. Il est évident que les êtres humains touchés par un coup du sort ne subissent pas forcément tous une crise identitaire. Pourtant, on peut constater une désorientation :

Man kann in verschiedenen Bereichen des Lebens das Gefühl für die eigene Identität erfahren und da auch verlieren. Meistens geht es um den Körper, um sexuelle Identität, um Beziehungen, um Arbeit und Leistung, um Ökonomie, um Werte, um Kreativität. Das sind Lebensbereiche, in denen wir unsere Identität erleben, und dort finden dann auch unsere Identitätskrisen statt. (Kast 2003 : p. 18)4

En ce qui concerne l’identité québécoise en particulier, un grand nombre de recherches sociologiques ont questionné cette problématique.5 Sans vouloir simplifier ce sujet complexe, on peut dire que la société québécoise cherche ou a cherché dans les décennies précédentes son identité propre entre le patrimoine français et un quotidien nord-américain. Mais revenons au concept d’identité et à ces êtres en crise d’identité ou bien n’ayant développé qu’une identité faible. Comment résoudre une crise identitaire ? Comment retrouver une satisfaction intérieure ? C’est ici qu’intervient l’approche centrale de l’étude, le voyage. Rappelons que l’identité est un processus à vie et qu’on peut la considérer comme une prestation devant être fournie par chaque individu. Pour résoudre une crise identitaire, l’individu doit s’activer et s’efforcer de profiter un maximum de la vie. Ces réflexions amènent à l’enquête du voyage identitaire dans le roman québécois.

Une analyse aspectuelle exemplaire

Quels expériences et développements, quels événements provoquent un approfondissement de l’identité chez les protagonistes pendant leur voyage ? Que le voyage implique non seulement un déplacement géographique mais aussi une avancée personnelle n’est ni surprenant ni nouveau. Mais pour la littérature québécoise, surtout des années 1980, l’étranger et la rencontre de l’Autre sont étoffés et mis en relief durablement.6 L’Autre nous fascine et nous rebute à la fois. Quels sont les facteurs qui importent dans l’évolution de l’identité ? Les aspects de l’étranger ou bien de l’Autre sont centraux, mais insuffisants à une approche complète. À l’aide de certaines notions récupérées des études culturelles et de la recherche d’identité, une grille d’analyse subdivisée en quatre catégories sera établie. Il est évident que l’on ne peut séparer strictement les différentes catégories. Néanmoins, il est possible d’établir quatre grands types d’expérience de voyage :

La première catégorie comprend l’individu avec sa perception intense ainsi que son corps. Il s’agit notamment des sens, des aspects de communication, du souvenir, des pensées et des motifs qui influencent le monde émotionnel. Les contacts sociaux d’un voyageur constituent la deuxième catégorie. C’est le point le plus important en ce qui concerne la base de départ des voyageurs. La famille, les relations amoureuses ainsi que les amis et les compagnons de voyage constituent autant de contacts sociaux qui doivent être analysés pour indiquer leurs effets sur la constitution de l’identité des voyageurs. La troisième catégorie englobe la considération des lieux de voyages, des moyens de transport utilisés et de l’expérience de l’espace. L’accent est mis sur l’exploration de la nature et des métropoles, comme New York, San Francisco ou Paris, et leur rattachement à la quête d’identité des protagonistes. L’aspect de l’étranger – évoqué précédemment – forme la dernière catégorie qui analyse le contraste entre la patrie et l’étranger. Ce contraste apparaît sous plusieurs formes qui encouragent la formation de l’identité. Chaque catégorie comprend un grand nombre d’aspects particuliers. À travers l’analyse détaillée de ceux-ci, le processus de construction de l’identité des protagonistes est étoffé et englobe l’interaction des processus collectifs et individuels.

L’application de l’approche théorique et méthodique sera précisée à travers la brève analyse exemplaire suivante : Le roman Chercher le vent (2001) de Guillaume Vigneault sera décomposé en plusieurs aspects au travers desquels seront évoquées les trois premières catégories énoncées plus haut. Cette œuvre raconte une période de la vie du protagoniste et narrateur à la première personne Jacques Dubois, surnommé Jack.

Au début du roman, l’ancien pilote Jacques semble être une personne au caractère faible. Il ne ressent pas de contentement et son identité n’est pas très développée. C’est un accident d’avion survenu deux ans auparavant qui est à l’origine de sa crise identitaire. L’annonce de la grossesse de son ex-femme Monica aggrave sa situation et le pousse à se remettre en question : « En combien de temps le lac effacerait-il ma trace, les derniers signes de ma petite présence ? » (Vigneault 2005 : p. 53)7 Jacques vit une véritable crise d’identité qui s’accompagne d’une tristesse profonde et d’une désespérance significative : « En m’observant dans le miroir, je me suis trouvé un air lugubre, un teint livide de mort vivant. Je me faisais peur. […] Je sentais mes dernières réserves tirer à leur fin. » (ibid.) Le passé douloureux remonte alors (v. CV : pp. 42-45), les reproches qu’il s’adresse à lui-même sont virulents et l’accompagnent jusque dans le temps du récit (v. CV : pp. 209-210). La fausse couche de Monica occasionnée par l’accident d’avion, véritable coup du sort, provoque une crise conjugale et mène finalement au divorce. En outre, ces événements déclenchent une véritable crise identitaire : « Je ne m’ennuyais pas de voler, enfin, très peu. Je m’ennuyais peut-être du temps où je volais. Non, plutôt, je m’ennuyais d’être ce type, Jack, du temps où il volait, oui. Le Jack que j’étais à présent ne volait pas, n’avait jamais volé. Comment cela aurait-il pu lui manquer, me manquer ? » (CV : p. 37) Jacques se voit comme un homme incomplet – il lui manque une partie de son identité d’autrefois. Ceci est souligné par le fait qu’il parle de lui-même à la troisième personne du singulier. En plus du fait qu’il soit mécontent et qu’il vive de façon isolée, le surf et la photographie, deux de ses anciennes passions, sont également délaissées. Ce n’est pas seulement Jacques mais aussi son entourage qui observent l’affaiblissement de son identité : « Ça fait beaucoup de… de feux de paille, non ? Beaucoup de choses que vous n’êtes plus, Jacques… » (CV : p. 151)

Dans le sens du titre du roman, Tristan, le frère de Monica, le persuade de partir en voyage : « Faut mettre les ailerons vers l’avant. » (CV : p. 56) Quoique Jacques ne soit pas vraiment persuadé « de cette connerie de balade thérapeutique » (CV : p. 57), il constate assez vite un changement au cours du voyage : « J’aurais rechigné à l’admettre, mais je ne me sentais pas trop mal ; à mille lieues, du moins, de mon petit moment au fond du lac, assis dans la vase. D’avoir simplement de nouvelles choses sur lesquelles poser mon regard me distrayait. » (CV : p. 62) Son comportement témoigne d’une perception plus intense grâce au voyage. Cette évolution a des effets positifs sur son identité personnelle puisqu’il sépare désormais ses soucis de la personne de Monica (v. CV : pp. 62-63). Il aborde alors son passé, ce qui est essentiel pour la découverte de soi et la recherche du bonheur (v. CV : p. 63). En outre, l’expérience de l’espace, et plus exactement de la nature, évoque des souvenirs qui contribuent au bien-être de Jacques : « Voilà ce que j’aime de la mer, chose toute bête à laquelle je n’ai jamais réfléchi : j’aime voir loin. Ça me revient. Des millisecondes de souvenirs affluent. Éclairs d’enfance. » (CV : p. 71) Plusieurs facteurs soulèvent des souvenirs, entre autres des personnes, comme par exemple Nuna, une serveuse catalane, ou des choses, comme par exemple le catalogue de sa première exposition de photos. C’est d’autant plus important que les souvenirs renvoient à un processus d’assimilation. La rencontre des trois voyageurs n’est pas toujours facile, mais Jacques apprécie surtout la présence de Nuna, qui « met […] de la couleur »(CV : p. 92 ; v. aussi p. 96), et dont il aime l’affection : « Sur mes joues, les deux baisers ont mis longtemps à s’évaporer. J’ai réprimé un sourire. » (CV : p. 94) Nuna comme compagnon de voyage permet à Jacques de se ressourcer. C’est elle qui essaye de vaincre l’« [a]utisme préventif » (CV : p. 106) de Jacques. Après avoir pris des chemins différents, Jacques retrouve Nuna, mais il n’ose pas encore lui parler. Son identité est encore trop faible pour une liaison.8 Lorsque Jacques sauve un restaurant menacé par un ouragan, il se montre comme un homme décidé, sûr de lui, courageux et compatissant (v. CV : chapitres 33-35 ; p. 218 ; p. 226). Grâce au voyage identitaire, Jacques a gagné de nouveaux traits de caractère positifs. Une identité plus développée émerge.

L’analyse révèle les effets positifs du voyage sur l’évolution du caractère de Jacques. L’expérience de la nature mais aussi la redécouverte de sa passion pour le surf lui permettent de développer une identité de plus en plus solide : « je me sentais comme un type qui ne bande plus, qui contemple l’horizon de sa vie, en songeant qu’il n’y a jamais vraiment eu de raison valable de bander de toute façon. Je suis sorti de l’eau, toujours de belle humeur. » (CV : pp. 176-177) Une autre passion se développe également au cours du voyage, la photographie (CV : p. 218-219). Le voyage permet à Jacques de réapprendre à tisser des liens sociaux et à se sentir à l’aise en société. D’où son objectif de retrouver Nuna. Il est révélateur que ce soit à nouveau une femme (comme précédemment May), cette fois-ci « Grand-mère Charlotte » (CV : p. 228) de la famille des propriétaires du restaurant, qui l’encourage à découvrir sa voie (v. ibid.). Finalement, Jacques répond à l’amour de Nuna et connaît enfin un sentiment de bien-être : « J’étais chez moi. » (CV : p. 255) À mesure que sa vie privée se transforme, sa vie professionnelle se modifie également : « Cela dit, j’avais soudain envie de faire de la vraie photo. […] J’avais le cœur léger. » (CV : pp. 233-234) Il montre une identité bien forte en prenant le chemin pour New York où il peut renouveler le succès d’autrefois (v. CV : pp. 245-246 ; p. 256) : « Vous n’avez pas perdu l’œil, et je dirais même que votre regard se fait plus courageux, et moins complaisant, si vous me permettez la pointe… » (CV : p. 258) Lorsque Jacques apprend l’accouchement de Monica, il retourne à Montréal. Il est capable de faire face à cette situation et peut à présent se détacher de son passé : « – Dis-moi, Monica… Tu m’aurais pardonné ? […] – Non […]. Je ne lui poserais plus la question, jamais. Ni à moi. […] C’était une belle journée pour naître, pour se mettre à la passionnante tâche de gâcher sa vie. Il restait tant de choses à rater, comment une seule vie pourrait-elle suffire ? Il faisait beau, j’ai souri. » (CV : p. 266) Malgré l’ironie mordante de cette réflexion, le voyage de Jacques s’achève sur ce retour.

Résumé et perspectives

En résumé, l’analyse aspectuelle des romans représente l’objectif central du projet de recherche. Les divers effets positifs du voyage sur la construction de l’identité des protagonistes y seront abordés. À travers la brève analyse exemplaire, plusieurs effets positifs sont accentués. Ainsi, une perception intense, l’expérience de la nature et surtout les contacts sociaux accomplissent la recherche d’identité de Jacques. Ce roman traite particulièrement de l’identité personnelle du protagoniste. D’autres romans du corpus littéraire, tels que Volkswagen Blues (1984) de Jacques Poulin, Maman-Paris, Maman-la-France (1982) de Claude Jasmin et Une histoire américaine (1986) de Jacques Godbout, mettent davantage l’accent sur l’identité culturelle. L’analyse de l’interaction des identités personnelle, collective et culturelle sera approfondie.

Bibliographie

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J. ZIRFAS, B. JÖRISSEN, Phänomenologien der Identität. Human-, sozial- und kulturwissenschaftliche Analysen, Wiesbaden, VS, 2007.

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Note

↑ 1 Moteur de développement tout au long de la vie.

↑ 2 L’identité est considérée comme un processus progressif de notre propre mode de vie, qui se construit également (à nouveau) dans chaque action quotidienne. L’identité n’est donc pas formée « de temps en temps » par le sujet, par exemple lorsqu’il se demande : « Qui suis-je au juste ? » ou s’il est impliqué par d’autres dans un dialogue analogue et qu’on lui demande : « Qui es-tu ? » Les sujets travaillent (c’est-à-dire façonnent) leur identité en permanence. Et l’identité est toujours un travail de construction. Dans cette auto-construction, les sujets se rapportent aux exigences sociales et spécifiques au quotidien et à leurs propres conceptions individuelles du soi.

↑ 3 En bref : l’identité est toujours importante lorsque la différence se fait jour. La différence peut ici signifier plusieurs choses. Comme noyau compensatoire, les processus de l’expérience borderline peuvent être identifiés. Leur objectif réside dans une (nouvelle) définition de l’identité.

↑ 4 On peut éprouver le sentiment d’identité dans différents domaines de la vie et dès lors le perdre également. Il s’agit surtout du corps, de l’identité sexuelle, des relations, du travail et du rendement, de l’économie, des valeurs, de la créativité. Ce sont des domaines de la vie dans lesquels nous vivons notre identité et où se déroulent également nos crises identitaires.

↑ 5 Pour plus de renseignements concernant ce sujet, v. entre autres les œuvres suivantes: Groß 1992 : pp. 193-205 ; Greif 2002 : pp. 33-34 ; Militz 1992 : p. 128 ; Létourneau 1999 : pp. 51-62 ; Bouchard 1999 : pp. 63-83.

↑ 6 V. entre autres Paterson 2004 et Miraglia 1993.

↑ 7 Dorénavant, les renvois à cet ouvrage seront signalés par la seule mention CV.

↑ 8 Jaap Lintvelt décrit cette situation comme suit : « […] comme sa personnalité reste encore scindée par l’amour et par la peur de s’engager, il n’ose pas l’aborder. » (Lintvelt 2006 : p. 79)

 

Dipartimento di Lingue e Culture Moderne - Università di Genova
Open Access Journal - ISSN 1824-7482